INFOS 2011 L'année du Bokator

CAMBODGE

Le premier tournoi de Bokator opposant Français et Khmers se déroule le Samedi 16 juillet 2011 à 15h à Siem Riep au Kraal d'Angkor Village. Célestin Mendes, Benjamin Sébire, Derek Bidaut, Jordan Gomez, Julien Carrara, sont les cinq combattants français qui ont fait le déplacement. Nous les avons rencontrés lors d'une séance d'entrainement.

 

(crédit photo : Affiche Bokator)

Les compétiteurs frappent les sacs. Ils ne s'arrêtent que pour enchaîner pompes et abdominaux. La voix de l'entraineur donne le rythme. Rapide. L'agitation ambiante et la concentration ne laissent pas de place au doute. On est dans une salle de Bokator. Des combats importants se préparent. Samedi 16 Juillet à Siem Reap se déroulera la première compétition de Bokator confrontant des Cambodgiens à des Français

Pour Philippe Sébire, entraîneur de Kun Khmer boxing à Andrésy et organisateur du tournoi, c'est un évènement majeur dans l'histoire des arts martiaux au Cambodge. "Réunir Français et Cambodgiens est un message fort d'évolution", s'enthousiasme-t-il. C'est la première fois qu'un pays étranger est ainsi accueilli. Ils ont choisi un lieu particulier, le Kraal d’Angkor Village en face du Phnom Bakheng à Siem Riep. Éléphants, musiciens, tout a été prévu pour assurer le spectacle. Les amateurs de sports de combats peuvent assister aux matchs à partir de 15h. L'entrée coûte 10 dollars et permet de voir sept affrontements. Deux entre Cambodgiens, et cinq opposant Français et Khmers.

Philippe est persuadé que le Bokator est le père de la Muay Thaï. En compétition, les combats durent trois rounds de trois minutes. Les poings, pieds, coudes et genoux sont autorisés. On peut faire tomber l'adversaire et poursuivre au sol mais sans le frapper. Uniquement des clefs de bras et étranglements. Le Grand Maître Sam Kim Sean, Krama d’Or et fondateur de la Fédération de Bokator parle de son sport avec émotion, "Cet art guerrier était autrefois enseigné pour se défendre contre des ennemis. Aujourd'hui c'est en amis que sont venus les Français". Il prononce "ami" en Français.

Puissance contre technique

Les compétiteurs sont fiers d'être là et motivés. L'entraînement est intensif. Juste un jour de repos avant la compétition pour être en forme. Certains sont au Cambodge pour la première fois. Julien Carrara, combattant d'une école marseillaise, confie "Ça m'a surpris. C'est très pauvre, très chaud et très humide". Les cinq boxeurs français se méfient des Cambodgiens. Leur nonchalance déstabilise. Benjamin Sébire, le fils de Philippe, fait également partie de la compétition. Il a déjà fait 15 combats amateurs. Il parle, lit et écrit le Khmer. C'est lui qui connaît le mieux l'attitude des Cambodgiens. "Ils sont comme des animaux endormis", compare t-il. Aucune insulte dans cette comparaison, l'animal ici est un tigre.

Philippe et le Grand Maître Sam Kim Sean gardent leurs pronostics pour eux mais jaugent les atouts de chacun. Les Français ont plus d'expérience dans la compétition. Au Cambodge il n'y en a qu'une par an. Ils ont également la puissance pour eux. Mais les Cambodgiens connaissent mieux le Bokator, ils sont plus techniques. Les Français pratiquent seulement des sports proches comme le Kun Khmer ou la Boxe thaï. C'est un avantage conséquent pour les Khmers. Célestin Mendes, champion de l'open France de Kun Khmer 2010, le constate, "J'ai juste pris quelques cours. Je connais quelques prises et quelques pas de danse". Derek Bidaut, 23 ans et ceinture noire de Kung Fu participera aussi à la compétition avec Jordan Gomez, 19 ans, champion Provence Alpes Côtes d'Azur.

Fin de l'entrainement les compétiteurs applaudissent et commencent à plaisanter. Deux futurs adversaires se croisent et se reconnaissent. Un regard bref mais appuyé. Les remarques fusent quand le combattant adverse sort de la pièce "c'est mon adversaire, le grand en noir", "tu vas l'arracher", "ça ira pour toi". On discute, on jauge. La compétition sera intense.

Paul Barrieu (www.lepetitjournal.com) jeudi 14 juillet 2011

Des compétiteurs frappent des sacs. Stoppés juste pour enchainer pompes et abdominaux. La voix de l'entraineur donne le rythme. Rapide. L'agitation ambiante et la concentration ne laissent pas place au doute. On est dans une salle d'arts martiaux et des combats importants se préparent. L'après midi du samedi 16 Juillet à Siem Reap se déroulera la première compétition de Bokator réunissant des Cambodgiens et des Français

Pour les Philippe Sebire, entraineur de Kun Khmer boxing à Andrésy et organisateur du tournois, c'est un évènement majeur dans l'histoire des arts martiaux au Cambodge. Surtout pour le Bokator. Réunir Français et Cambodgiens est un message fort d'évolution. C'est la première fois qu'un pays étranger est ainsi accueilli. Ils ont choisi un lieu particulier, le Kraal d’Angkor Village en face du Phnom Bakheng à Siem Riep. Éléphants, musiciens, tout a été prévu pour assurer le spectacle. Les amateurs de sports de combats peuvent assister aux matchs à partir de 15h. L'entrée coûte 10 dollars et permet de voir sept affrontements. Deux entre cambodgiens, et cinq opposants Français et Khmer.

Philippe est persuadé que le Bokator est le père de la Muay Thaï. Il en est très proche. En compétition, les combats durent trois rounds de trois minutes. Les poings, pieds, coudes et genoux sont autorisé debout. On peut faire tomber l'adversaire et poursuivre au sol mais sans le frapper. Uniquement des clefs de bras et étranglement. Le Grand Maître Sam Kim Sean, Krama d’Or et fondateur de la Fédération de Bokator parle de son sport avec émotion « Cet art guerrier était autrefois enseigné pour se défendre contre des ennemies. Aujourd'hui se sont des amis qui viennent ». Il prononce « ami » en Français.

Les compétiteurs sont fier d'être là et motivés. L'entrainement est intensif. Juste un jour de repos avant la compétition pour être en forme. Certains sont au Cambodge pour la première fois. Julien Carrara, combattant d'une école marseillaise, confie « Ça m'a surpris. C'est très pauvre, très chaud et très humide ». Les cinq boxeurs Français se méfient des Cambodgiens. Leur nonchalance déstabilise. Benjamin Sébire, le fils de Philippe, fait également partie de la compétition. Il a déjà fait 15 combats amateurs. Il parle, lit et écrit le khmer. C'est lui qui connait le mieux l'attitude des Cambodgiens. « Ils sont comme des animaux endormis » compare t-il. Aucune insulte dans cette comparaison, l'animal ici est un tigre.

Philippe et le Grand Maître Sam Kim Sean gardent leurs pronostics pour eux mais jaugent les atouts de chacun. Les Français ont plus d'expérience dans la compétition. Au Cambodge il n'y en a qu'une par an. Ils ont également la puissance pour eux. Mais les Cambodgiens connaissent mieux le Bokator, ils ont plus de techniques. Les Français pratiquent seulement des sports proches comme le Kun Khmer ou la Boxe thaï. C'est un avantage conséquent pour les Khmers. Célestin Mendes, champion de l'open France de Kun Khmer 2010, le constate « J'ai juste pris quelques cours. Je connais quelques prises et quelques pas de danse »

Fin de l'entrainement les compétiteurs applaudissent et commencent à plaisanter. Deux futurs adversaires se croisent et se reconnaissent. Un regards bref mais appuyé. Les remarques fusent quand le combattant adverse sort de la pièce « c'est mon adversaire, le grand en noir », « tu vas l'arracher », «  ça ira pour toi ». On discute, on jauge. La compétition promet d'être intense.

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Le Bokator, art martial traditionnel khmer, n’aura pas raté son retour au sein des Temples d’Angkor. Devant un public enthousiaste massé dans un enclos à éléphants transformé en arène, les combattants cambodgiens et français se sont affrontés sans répit dans ce premier tournoi international de la discipline au Cambodge. Les visiteurs auront toutefois vite démontré leur supériorité, tant technique que physique, en emportant les cinq confrontations, dont quatre par abandon. Seul Say Tevin, un combattant originaire de Siem Reap, aura réussi à sauver l’honneur en s’inclinant aux points, 48 contre 56, face à Jordan Gomez. 
(www.lepetitjournal.com/cambodge.html) lundi 18 juillet 2011
PORTRAIT – Amour, gloire et Kun Khmer Version imprimable Suggérer par mail

Ecrit par Alexandre Bellity, le 25-07-2008 01:00

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Promouvoir le Kun Khmer, voilà ce à quoi Philippe Sébire et sa femme consacrent la majeure partie de leurs temps. Entre Andrésy et Phnom Penh, le couple ne ménage pas ses efforts pour donner à cette discipline ancestrale la reconnaissance qu’elle mérite

Philippe Sebire lors d'un entraînement au Vieux Stade de Phnom Penh (Crédit: Nicolas Axelrod)

Loin, très loin de la renommée de la boxe Thaï, le Kun Khmer est, aujourd’hui encore, très peu connu au-delà des frontières cambodgiennes. Et c’est bien ce qui choque Philipe Sébire, pour qui cette discipline ancestrale est marquée du sceau de l’authenticité, alors que sa cousine thaïlandaise est avant tout affaire de gros sous. C’est en 2006, à l’occasion d’un voyage humanitaire, que Philippe, lui même propriétaire d’une salle de boxe, découvre le Kun Khmer et, immédiatement, décide de se consacrer à son développement.
Son épouse, Môm, d’origine cambodgienne, le suit dans l’aventure. Assistante de direction dans le civil, elle n’est pas forcément une passionnée de boxe, et pourtant son rôle est essentiel. "Elle parle la langue et gère les relations officielles... Son rôle n’est pas simple, surtout dans un pays aussi machiste", rappelle Philippe. L’objectif est de redonner au Kun Khmer ses lettres de noblesses, mais aussi d’offrir aux combattants des conditions d’entraînements décentes, et, pourquoi pas, la possibilité de vivre de ce sport. "Aujourd’hui, la plupart des boxeurs gagnent moins de 50$ par mois. Ils font des heures de ménages ou lavent des vitres pour des salaires ridicules..." concède Philippe, un brin désabusé.
Alors très vite, le projet prend de l’ampleur. En France d’abord, où le couple se démène pour créer une fédération. Volonté concrétisée avec le lancement de la Commission Fédérale de Kun Khmer, affiliée à la Fédération de Boxe Thaï, Muay Thaï et Disciplines Assimilés (FBTMTDA). Des stages sont organisés, mêlant boxeurs français et khmers. D’abord au Cambodge, dès février 2007, puis en France quelques mois plus tard, sur une idée de Luc Mensah, président de la fédération et soutien inconditionnel de Philippe.
En juin 2007 est organisé le premier combat de Kun Khmer dans l'Hexagone, et ce sont près de 7.000 spectateurs qui se pressent au Palais Omnisport de Paris Bercy. Parmi eux quelques 3.000 membres de la communauté cambodgienne de France, apparemment fiers de voir l’art martial national capter enfin un peu de lumière.

Un championnat du Monde en 2009
Un beau succès mais pas une fin en soi. Leur commission désormais reconnue par la fédération cambodgienne de boxe khmère, Philippe et Môm planchent sur l’organisation d’un championnat du Monde, à Phnom Penh, "car une telle compétition ne peut se dérouler que dans le pays d’origine du sport en question" selon Philippe. Un combat qui devrait avoir lieu en 2009, même si les boxeurs ne sont pas encore connus. "Il faut un peu de temps pour que les clubs se fédèrent. D’autant qu’il existe une certaine concurrence entre les différentes fédérations, certains n’hésitent pas à nous mettre des bâtons dans les roues" avoue Philippe.
Mais avant cela, Philippe et Môm ont un rêve : créer une école de Kun Khmer à Phnom Penh. Ils ont déjà rencontrés des membres du gouvernement, très réceptifs à leur projet, et sont à la recherche d’un terrain. Pour financer le tout, le couple envisage de vendre sa maison d’Andresy dans les Yvelines.
L’école devrait accueillir en permanence une cinquantaine de stagiaires du monde entier quelques soient leurs disciplines et, en parallèle, servir de centre d’entraînement aux meilleurs boxeurs cambodgiens.
L’école serait financée par les stages, même si le couple espère réunir autour de 120.000$ pour financer l’achat du matériel. Cinq orphelins khmers intégreraient également l’école, "afin de leur donner une éducation et les former au Kun Khmer. L’argent qu’ils gagneront via leurs combats ou les sponsors serait alors bloqué sur un compte jusqu’à leur majorité". Un rêve que Philippe touche aujourd’hui du bout des doigts, lui qui travaille près de dix huit heures par jour entre la boxe et son activité d’aide soignant, et dont la seul hâte " est de vivre au Cambodge, avec ma femme et mes trois fils ". En principe, le projet devrait aboutir d’ici quelques mois, même si Môm, prudente, avoue "qu’il ne faut pas s’avancer tant que rien n’est fait, car la maison d’Andresy n’est toujours pas vendue…".
Alexandre BELLITY. (www.lepetitjournal.com - Cambodge) vendredi 25 juillet

Vos réactions (4)
Posté par Philibert, le 25-07-2008 07:10
Bravo